BIEN SE NOURRIR EN AFRIQUE

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1 Rein malade;2  MNT; 3 Dépistage  MNT; 4 Surpoids,obésité; 5 Prévention du diabète; 6 Prévention maladies cardiovasculaires.

1 Le rein malade, l'insuffisance rénale

1-1 Historique

Les maladies rénales ont été reconnues très anciennement (urémie, néphrite), dans la mesure où elles sont douloureuses, comme des inflammations provoquant des abcès, ou des altérations du tissu rénal et de son fonctionnement. Connus aussi depuis fort longtemps, les calculs donnant lieu aux coliques néphrétiques, ainsi que l'invasion des reins par des parasites. Enfin, en raison de leur localisation anatomique, les reins se déplacent facilement dans la cavité abdominale, entraînant des phénomènes nerveux douloureux.


« L'urémie a été reconnue comme une intoxication générale due à un défaut d'élimination par l'urine des matières toxiques produites dans l'organisme. Elle est souvent causée par des lésions rénales, à l'occasion de certaines maladies comme la scarlatine, ou des néphrites, ou lors de grossesses. Elle apparaît aussi lorsque des organes de l'excrétion sont comprimés par des calculs ou des tumeurs. Elle se traduit par de l'insuffisance respiratoire, des convulsions, des comas. On note en outre des maux de tête, des vertiges, des vomissements et diarrhée, des urines rares ou de la polyurie, des œdèmes. Le traitement consistera dans la saignée et dans la diète.» (Larousse du vingtième siècle, édition 1920)


« Les néphrites sont des inflammations du rein. Elles peuvent être aiguës ou chroniques. Aiguës, elles sont provoquées par des microbes responsables de maladies infectieuses, ou par leurs toxines. Les microbes parviennent au rein par le sang (voie descendante) ou par les canaux d'excrétion (voie ascendante). Les néphrites consécutives aux fièvres infectieuses sont fréquentes : on les observe lors de fièvre typhoïde, de scarlatine, de variole, de grippe, etc. Le traitement consiste en bains tièdes, purgatifs légers, révulsifs, régime lacté. Les néphrites chroniques sont caractèrisées par une albuminurie permanente sur une longue durée. »


« Les causes de ces maladies sont fort diverses : les changements brusques de température, les professions s'exerçant dans les lieux humides, la grossesse, le saturnisme, la syphilis, la goutte, etc., l'hérédité neuro-arthritique, les auto-intoxications. »


« Les symptômes caractéristiques sont l'œdème, les modifications urinaires et l'altération du sang. Le diagnostic est facilité par la recherche de l'albuminurie. Le pronostic est grave. On interdira la grossesse, le froid, les fatigues, l'alcool... »


Tel était, brièvement résumé, l'état des connaissances au début du vingtième siècle. On savait déjà beaucoup de choses, mais aujourd'hui le vocable urémie a laissé la place à l'expression insuffisance rénale, plus générale.


A l'époque, on insistait sur les relations entre l'insuffisance rénale et les maladies infectieuses . Ce n'est que récemment que l'on a démontré la relation de causes à effets entre les maladies chroniques, particulièrement le diabète et l'obésité, et les maladies rénales.

1-2 Contexte des maladies Non Transmissibles

La situation décrite en 2007 (12 ) par le Professeur Michel Olmer, Néphrologue à Marseille, est encore d'actualité .
« On estime que 3 millions de personnes en France sont touchées par une maladie du rein, le plus souvent sans le savoir. L'insuffisance rénale se développe en effet de façon insidieuse et silencieuse. La plupart des patients consultent pour la première fois un néphrologue alors qu'ils sont à un stade très évolué de la maladie, où il ne reste plus que deux solutions : la dialyse ou la greffe des reins. Il est donc fondamental de faire passer le message sur l'intérêt d'un dépistage précoce.
Quand les reins ne fonctionnent plus correctement, il se produit un long empoisonnement de l'organisme par les déchets qui ne sont plus éliminés. Cette insuffisance de la fonction rénale peut être liée à certaines maladies congénitales, ou tout simplement à l'âge.
Plus une personne avance en âge, plus ses reins deviennent fragiles. Ils sont alors plus sensibles à certaines agressions, notamment celles de médicaments comme les anti- inflammatoires qui, consommés à haute dose, ne sont pas bons pour les reins. Mais les deux principales causes de l'insuffisance rénale sont l'hypertension artérielle et le diabète.
Le mauvais fonctionnement des reins survient d'une manière progressive, souvent sur plusieurs années, sans que la personne s'en rende compte. On peut ainsi avoir l'impression d'être en parfaite santé, sans symptômes particuliers, alors que les reins fonctionnent très au-dessous de leur capacité.
Pour éviter d'arriver à un stade très dégradé de la maladie, il faut la dépister au plus tôt. Ce dépistage, très simple repose sur la recherche d'albumine dans les urines et un dosage de la créatinine. Le bénéfice d'un dépistage précoce est incontestable. Nous disposons aujourd'hui de médicaments qui , sana restaurer les fonctions rénales détruites, permettent de freiner la progression de la maladie. »
« Avec une prévalence de 1060 patients par million d'habitants, dont 590 patients traités par dialyse, l'insuffisance rénale chronique constitue en France, comme partout dans le monde, un problème majeur de santé publique » (13).
Dr Margaret Chan , Directeur général de l'OMS, a invité la communauté internationale à changer le cours de l'épidémie de Maladies Non Transmissibles (MNT) qui sévit dans le monde (14).
« La plupart des décès dus aux MNT peuvent être évités. Sur les 38 millions de décès provoqués en 2012, 16 millions, soit 42 %, étaient prématurés et évitables.
En investissant à peine 1 à 3 dollars par personne et par an, les pays peuvent réduire considérablement la charge de morbidité et de mortalité due aux MNT. Faute de quoi des millions de personnes continuerons à mourir prématurément.

1-3 Traitements de l'insuffisance rénale en phase terminale

La dialyse ou épuration extra-rénale permet de pallier à la détérioration complète des fonctions rénales, soit en attendant une greffe du rein, car l'attente d'un donneur compatible est souvent longue, soit en tant que traitement permanent, qui bien que contraignant permet une existence presque normale aux insuffisants rénaux.

Deux méthodes sont pratiquées : la dialyse péritonéale et l'hémodialyse (Figures 11 et 12).
Au début de chaque séance de dialyse, deux lignes (départ et retour, terminées par des aiguilles) sont piquées dans la fistule et connectées au générateur de dialyse, dans lequel circule un liquide, le dialysat, fabriqué dans l'appareil et dont la composition est fonction des paramètres biologiques propres à chaque patient. Les échanges entre le flux sanguin et le dialysat se font au niveau des membranes capillaires du filtre : le sang abandonne les déchets de l'organisme (urée, créatinine, autres déchets), tandis que le dialysat apporte les éléments qui sont nécessaires au patient. La totalité du sang du malade transite par le dialyseur. La séance de dialyse dure au minimum 4 heures et doit être renouvelée 2 ou 3 fois par semaine .

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Figure 11-Principe de la dialyse péritonéale


Le péritoine est une fine membrane qui enveloppe les organes abdominaux, en délimitant une cavité qui les isole des muscles et de la peau. Cette membrane est largement irriguée par des vaisseaux sanguins et, par sa finesse, elle est perméable et apte à effectuer des échanges de substances dissoutes dans le plasma sanguin et un liquide à base d'eau purifiée que l'on injecte dans la cavité.

Le tube coudé que l'on aperçoit sur la figure est fixé à demeure dans la paroi abdominale par un chirurgien. Le patient le relie à la poche supérieure pleine de liquide purificateur qui descend lentement par gravité dans l'abdomen. Puis lorsque l'épuration est terminée, le patient relie le cathéter à la poche inférieure. L'abdomen se vide par gravité du liquide impur.
La dialyse péritonéale est séduisante par sa simplicité. Elle reste contraignante car il faut pratiquer plusieurs épurations par jour. Il faut aussi une très grande hygiène dans la manipulation des raccordements des poches au cathéter afin d'éviter une infection microbienne très dangereuse. Enfin les poches coûtent cher. Pour toutes ces raisons la dialyse péritonéale est moins pratiquée que l'hémodialyse.

De jour : la dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA)est une technique continue au cours de laquelle la solution de dialyse reste en contact avec le péritoine au moins quatre heures. Le patient renouvèle la solution de dialyse trois à quatre fois par jour. Le changement de poche amenant la solution de dialyse fraîcheest fait manuellement, par le patient lui-même, un membre de sa famille ou de son entourage ou par un infirmier libéral. L’échange consiste pour le patient à connecter deux poches (une vide et une pleine) à son cathéter. Le liquide resté dans l’abdomen est drainé dans la poche vide, le liquide frais est ensuite injecté dans le péritoine et reste dans l’abdomen jusqu’au changement de poche suivant. Il faut 10 à 20 minutes pour éliminer le liquide usagé et 5 à 10 minutes pour l’injection de la solution fraîche. Une fois l’échange effectué, les poches et les lignes, à usage unique, sont jetées.

De nuit : la dialyse péritonéale automatisée (DPA) .

Cette technique, en pleine croissance, repose sur l’emploi d’une machine, le cycleur. Le changement de poches n’est donc plus effectué manuellement de jour, c’est le cycleur qui le gère la nuit. La machine calcule les quantités de solution injectées puis de dialysat drainées, synchronise les échanges et contrôle la durée et le déroulement du traitement.

Les points à considérer :

- Une intervention chirurgicale au niveau de l’abdomen est nécessaire pour placer le cathéter.

- La DP est une technique limitée dans le temps, en fonction de l’évolution de la membrane péritonéale.

- Le traitement à domicile peut parfois avoir un impact négatif sur la vie familiale (sentiment d’avoir fait entrer la maladie à la maison).

- Nécessité d'une formation (en général une semaine) et d'un suivi par une infirmière.

- Nécessité d' un espace de stockage pour le matériel de dialyse (poches de dialysat).

- Les échanges en Dialyse Péritonéale Continue Automatisée (DPCA) doivent être réalisés plusieurs fois par jour.

- En DPA (Dialyse Péritonéale Automatisée), l’appareil de dialyse (cycleur) doit être installé dans votre chambre, à proximité de votre lit.

En conclusion « la Dialyse Péritonéale est une méthode d’épuration extrarénale qui peut être proposée à la majorité des patients atteints d’insuffisance rénale terminale. » (68)

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Figure 12-Dialyse extrarénale

L'épuration est effectuée sur un ultrafiltre externe (dialyseur : filtre capillaire). Une fistule artério-veineuse est préalablement implantée par un chirurgien, généralement à l'avant-bras, afin d'extraire du corps le sang à épurer et, aprés épuration, de le ré-injecter dans le système artériel .

Au début de chaque séance de dialyse, deux lignes (départ et retour, terminées par des aiguilles) sont piquées dans la fistule et connectées au générateur de dialyse, dans lequel circule un liquide, le dialysat, fabriqué dans l'appareil et dont la composition est fonction des paramètres biologiques propres à chaque patient. Les échanges entre le flux sanguin et le dialysat se font au niveau des membranes capillaires du filtre : le sang abandonne les déchets de l'organisme (urée, créatinine, autres déchets), tandis que le dialysat apporte les éléments qui sont nécessaires au patient. La totalité du sang du malade transite par le dialyseur. La séance de dialyse dure au minimum 4 heures et doit être renouvelée 2 ou 3 fois par semaine .

En fait la technique de la dialyse est compliquée. Le débit sanguin doit être régulier, sans modification de la pression artérielle et de la température du sang. Quant au dialysat, il est à base d'eau potable préalablement purifiée pour être débarrassée de toutes substances étrangères. On rajoute au dialysat les quantités nécessaires de subtances utiles qui vont passer dans le sang. Leur dosage doit être précis et régulier.


Ces contraintes contribuent à faire de la dialyse une technique médicale parmi les plus coûteuses. Non seulement le générateur de dialyse coûte cher, mais aussi le filtre capillaire, les lignes de connection ne servent qu'une fois. Les produits biochimiques entrant dans la composition des bains de dialyse ont aussi un coût important.
Enfin la dialyse ne peut être pratiquée que par des infirmières et techniciens ayant reçu des formations de longue durée. Il faut être capable de prendre les bonnes décisions en cas de défaillance du matériel ou de son environnement, notamment les coupures de courant électrique.
La dialyse est pratiquée dans des centres spécialisés. Elle permet une vie normale entre les séances, et peut même être effectuée la nuit pendant le sommeil, libérant ainsi les journées du patient pour ses activités . Le dialysé peut voyager dans tous les pays pourvus de centres de dialyse, sur réservation. Enfin il faut mentionner l'autodialyse au domicile du patient. On lui prête un appareil. Il doit être formé à son usage et suivi par une infirmière.

1-4 Transplantation rénale

L'Observatoire mondial du don et de la transplantation d'organes montre que le nombre d'organes transplantés ces dernières années -reins compris- ne couvre pas 10 % des besoins mondiaux effectifs.
Selon le Dr Luc Noël, spécialiste des questions de transplantation à l'OMS (15), « beaucoup de gens, dont des professionnels de santé, ne reconnaissent pas la valeur du don d'organes aprés la mort, ni son fonctionnement, et peu de pays disposent d'un système qui l'autorise. »


« Dans bien des pays, l'insuffisance rénale chronique de stade terminal se solde par le décès, même si certains patients sont dialysés pendant quelque temps. » « Par ailleurs nous savons qu'un rein transplanté peut offrir au bénéficiaire plusieurs décennies de vie qualitativement très correcte. »


« Bien que la transplantation rénale soit une pratique clinique courante, elle nécessite un travail et un suivi interdisciplinaire, comprenant médication, examens en laboratoire, et compétences spécialisées dans le traitement antirejet. »


« Dans de nombreux pays, un vaste consensus se dégage contre le don d'organes post mortem, soit pour des motifs religieux, soit pour des considérations relatives au traitement du corps aprés décès. Pour le Dr Noël (15) « il faut déployer des efforts pour présenter au public le don d'organes comme un geste civique et lancer un appel en faveur de la réciprocité et du sens de la solidarité », si l'on veut parvenir à satisfaire la demande de transplantation rénale dans un pays, quel qu'il soit. »

« C'est un problème qui ne date pas d'hier. Le fait de ne pas réussir à tirer parti du potentiel du don de reins a un coût humain. Des milliers de personnes meurent chaque année dans l'attente d'une greffe du rein. »
« En Afrique, la Tunisie enregistre l'un des taux les plus élevés en matière de don de reins avec 11 transplantations provenant de donneurs vivants par millions d'habitants et environ 3 transplantations provenant de donneurs décédés. » Fin de citation (15)


Ce texte mérite d'être discuté. En effet de nombreux pays ne disposent pas d' équipes chirurgicales et de blocs opératoires nécessaires pour effectuer des transplantations rénales dans de bonnes conditions à partir de dons post mortem. Les patients doivent se rendre à l'étranger avec leur donneur vivant pour que l'opération ait lieu, y compris le suivi post opératoire. Le coût global de l'opération reste très élevé.
Dans ces pays la dialyse est encore un recours indispensable pour sauver la vie de nombreux malades. Même en Tunisie, présentée comme modèle en matière de traitement de l'insuffisance rénale, il y a plusieurs dizaines de centres de dialyse publics et privés.


2  Les MNT: une pandémie

Figure 13-Les dix principales causes de mortalité dans le monde selon l'OMS
Figure 13-Les dix principales causes de mortalité dans le monde selon l'OMS

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Dans la présentation de la figure 13, les décès ayant un rapport avec l'alimentation ont été teintés en rouge. Ils représentent un total de 57,4 % de 31,4 millions de décès annuels.

Les décès pour des causes diverses non classées ne figurent pas dans le tableau. C'est le cas de l'insuffisance rénale.

Un adulte sur dix souffre d'insuffisance rénale, soit prés de 600 millions de personnes dans le monde (16) . L 'Organisation Mondiale de la Santé prévoit une forte augmentation de la prévalence de la maladie rénale chronique dans les 10 années à venir. Chaque année, en raison d'un diagnostic tardif, des millions de personnes décèdent prématurément d'insuffisance rénale et des complications cardiovasculaires qui lui sont associées, ainsi que le diabète (Figure 13).

Or depuis plusieurs années, les maladies rénales, même si ells sont silencieuses, peuvent être détectées et leur évolution ralentie, voire stoppée par des médicaments et des règles hygiéno-diététiques simples.

La prévention des maladies rénales passe par le dépistage précoce de ces maladies et par la promotion d'une alimentation équilibrée et de l'hygiène.

3 Dépistage précoce des MNT

Il est presque illusoire, voire néfaste, de laisser entendre au grand public que l'on peut facilement autodétecter une maladie qui provoque de graves troubles des fonctions vitales, même si on peut acheter sur internet des tensiomètres et des bandelettes urinaires (Figures 14-1, 14-2, ci-dessous) qui sont les moyens les plus simples, les plus rapides, les moins coûteux, permettant de dépister ces maladies .

Figure 14-1: une bandelette est trempée dans un échantillon d'urine.

Figure 14-2: on compare les couleurs des spots avec la grille témoin. Figure 19: recherche du glucose dans les urines.

La maladie rénale est silencieuse, mais les paramètres biologiques de la personne ne le sont pas. On peut détecter leurs anomalies pour dépister la maladie. Encore faut-il que le test soit pratiqué correctement et bien interprété. Trois paramètres sont particulièrement révélateurs :

3-1-Le glucose, qui ne doit pas se trouver dans les urines. Ce composé est le « carburant de l'organisme ». De formule globale C6H12O6 , il est stocké dans le foie sous une forme condensée, le glycogène.
Le glycogène est une substance de réserve présentant des analogies de structure avec les amidons des végétaux . Extrait et purifié, il se présente, comme les amidons, sous forme d'une poudre blanche inodore . Le glycogène stocké est restitué dans le sang, les muscles et les différents organes, au fur et à mesure de leurs besoins . Sa présence dans les urines est symptomatique de troubles rénaux et du diabète. Elle traduit de graves déséquilibres du système hormonal:


« Le diabète est une maladie chronique qui survient lorsque le pancréas ne produit pas assez d'insuline ou lorsque l'organisme n'est pas capable d'utiliser efficacement l'insuline qu'il produit. Il en résulte une concentration accrue de glucose dans le sang (hyperglycémie).

Le diabète de type 1 (connu auparavant sous le nom de diabète insulinodépendant ou diabète juvénile) se caractérise par une production d'insuline insuffisante.

Le diabète de type 2 (appelé jadis diabète non insulinodépendant ou diabète adulte) résulte de l'utilisation inadéquate de l'insuline par l'organisme. Il est souvent la conséquence d'un excès pondéral et de l'inactivité physique.

Le diabète gestationnel est une hyperglycémie parfois détectée pendant la grossesse . »(26 )

Normalement il n'y a pas de glucose dans les urines . C'est le point « Zéro » de l'échelle des risques de diabète que l'on peut dépister avec une bandelette urinaire (Figure 19). Les concentrations en glucose urinaire sont exprimées soit directement en grammes de glucose par litre d'urine, soit en moles/litre. La correspondance est de 5,5 mmoles pour 1 g de glucose (1mole de glucose = 180 grammes) .


3-2-Le PH est une propriété de l'eau et des solutions aqueuses. L'urine en est une.


L'eau n'existe sous la forme H2O que dans la glace. L'eau liquide est ionisée (18) en produisant des ions H+, plus exactement H3O+, et OH- . À 25 °C, il y a autant d'ions H3O+ que d'ions OH- , et leur concentration est 1*10-7 unités par litre. Par convention on dit que le pH de l'eau pure à 25 °C est égal à 7.


Pour caractèriser les solutions aqueuses, on a créé une échelle qui va de pH=0 à pH=14 .
pH=0, la solution est très acide ; pH=14, la solution est très alcaline, ou « basique ». Une méthode universelle pour évaluer le pH d'une solution consiste à utiliser des indicateurs colorés dont la teinte va du jaune au violet, en passant par le vert et le rouge.


Les indicateurs colorés se trouvent déposés sur les bandelettes urinaires (Figure 14). La valeur du pH dans les urines est normalement située dans la fourchette de 6,8 à 7, 8. Il traduit l'équilibre entre les constituants acides ou alacalins du milieu intérieur . Il est prouvé qu'une alimentation riche en fruits et légumes est favorable à un bon équilibre acido-basique (19). Des valeurs du pH de l'urine trop faibles ou trop élevées sont symptomatiques de risques de disfonctionnements comme la formation de calcul rénaux ou des altérations des os. La valeur du pH est difficile à interpréter et doit faire l'objet de tests et examens médicaux.


3-3-L'urée et la créatinine sont des composés azotés normalement présents dans l'urine. La créatinine ne doit pas être confondue avec la créatine qui est formée dans le foie, le pancréas et le rein, transportée par le sang dans les muscles où elle intervient lors du travail musculaire en tant que transporteur d'énergie. Elle est ensuite transformée en un dérivé stable, la créatinine, éliminée par le rein d'une manière continue et régulière (20) . Sa concentration dans l'urine varie selon chaque personne. Elle est normalement comprise entre 6 et 12 milligramme par litre d'urine. Une valeur trop faible traduit une faiblesse du système musculaire, ou une maladie rénale. Trop forte, c'est un indicateur d'insuffisance rénale, de diabète, ou d'un déséquilibre hormonal.


L'acide urique est aussi un déchet de l'organisme lié aux activités complexes des constituants du patrimoine génétique présents dans le noyau de toute cellule animale. Lors qu'il est en excès dans l'urine, il est peut provoquer la maladie de la goutte, et bien d'autres maladies. Une alimentation déséquilibrée, trop riche en produits carnés, est souvent à l'origine de ces maladies .


Enfin parmi les composés azotés, le plus simple de tous mais aussi le plus toxique, l'ammoniac a un rôle dans la régulation du pH de l'urine.

En résumé les 3 paramètres étudiés, glucose, ph et composés azotés, facilitent le dépistage précoce d' anomalies grâce aux bandelettes urinaires, mais ces tests doivent être complétés par des analyses plus complexes qui ne peuvent être interprétées que par des médecins spécialisés en néphrologie, ou dans d'autres maladies chroniques.

Ces maladies présentent des différences fondamentales dont il faut tenir compte en matière de prévention :
Le diabète de type 1 a pour cause une anomalie des défenses immunitaires entraînant une destruction des cellules du pancréas productrices de l'hormone insuline. Il touche surtout les enfants et les adolescents, mais l'hérédité est rarement en cause.
Le diabète de type 2 résulte d'une sécrétion d'insuline insuffisante et/ou d'une résistance des organes récepteurs à l'insuline. Il se manifeste principalement à l'âge adulte, en raison d'une prédisposition génétique et/ou d'un mode de vie trop sédentaire associé à une alimentation déséquilibrée. Il y a environ 10 fois plus de malades atteints du type 2 que du type 1 .

4 Le surpoids, l'obésité

L'embonpoint se voit. Des millions de personnes ont la hantise du surpoids. Pour répondre à leurs interrogations, ou leurs angoisses, il y a une littérature abondante, en librairie, dans la presse écrite, sur le web. Dans un groupe de jeunes, ou d'adultes que l'on rencontre, on a toujours en face de soi une ou plusieurs personnes en surpoids, homme ou femme. On ne va pas les montrer du doigt, mais plutôt leur expliquer qu'ils ne sont pas seuls et que des gens, des associations, des chercheurs ont le souci de leur santé. Cependant dans certains pays, ce problème de santé se heurte à des idées encore répandues : « Le surpoids est un symbole de puissance économique, d'importance du rang occupé dans la société, de vitalité ». Mais dans une même famille on peut trouver des parents en état de surpoids et un ou plusieurs enfants en état de malnutrition (21). De nombreux travaux scientifiques sont consacrés à la détermination des facteurs de déséquilibres dans le corps humain. Il est certain que les régimes alimentaires ne sont pas seuls en cause. Il faut largement tenir compte des contextes socio-économiques et des facteurs psychologiques, différents comme on vient de le voir, selon les pays et les cultures. Chez un adulte en situation normale, l'adiposité, ou « masse corporelle grasse » sont maintenus constants malgré les variations journalières de la prise alimentaire et de la dépense énergétique. Un mécanisme complexe permet d'équilibrer en permanence les apports et les dépenses énergétiques (Figure 15 )(*).

(*) Figure 15 : les apports énergétiques et les dépenses sont évalués en Kcal/J, Kilocalories/jour. Qu'est-ce que cela signifie ? L'énergie se présente sous 2 formes : la chaleur et le travail mécanique. La flamme d'une bougie, d'une cuisinière à gaz, etc. provoque des échauffements . Ainsi l'élévation de température de 1000 grammes d'eau (1 Kg) de 1°C définit l'unité de mesure de chaleur, la Kilocalorie (Kcal). Le déplacement horizontal d'une masse de 1000 Kg (1 Tonne) sur une longueur de 1 mètre correspond à une unité de travail mécanique, le KiloJoule (KJ). Le physicien Nicolas Carnot (1796-1832) a découvert l'équivalence entre le travail et la chaleur, qui est de de 4,18 KJ pour 1 Kcal . Concrètement on sait que le moteur à explosion utilise l'énergie du carburant pour produire à la fois du travail mécanique et de la chaleur. Il en va de même pour les moteurs électriques . On compare parfois le corps humain a un moteur. Effectivement il produit du travail et de la chaleur . On sait qu'a la suite d'un exercice physique, on a chaud. Mais le corps humain est bien plus complexe qu'un moteur et la comparaison est simpliste. Les nutritionistes se sont livrés à des expériences très précises pour établir que la consommation de 100 grammes de glucose fournit au corps une énergie de 400 Kcal, ou 400*4,18=1672 KJ. Ces ratios servent de base à tous les calculs relatifs aux aliments consommés.


Le surpoids est un état caractérisé par un excès de masse adipeuse accumulée dans tout l'organisme, spécialement dans la région des hanches chez la femme, et dans la région ventrale chez l'homme. On le contrôle (Figure 16, ci-dessous) en calculant l'Indice de Masse Corporelle (IMC). C'est le poids de la personne divisé par le carré de sa taille en cm (Figure 17, ci-dessous).


Ainsi on voit (Figure 25, ci-dessous) que pour déterminer l'IMC, il suffit de disposer d'un pèse-persone, d'une toise, et d'une calaculette. Ce contrôle peut être effectué individuellement, mais il doit surtout être systématiquement pratiqué dans les centres de santé primaire, les écoles, les maternités. On détecte non seulement les personnes à risque d'obésité, mais aussi les cas plus ou moins graves de dénutrition (22). Ces personnes doivent être dirigées vers des services de consultations médicales.


L'obésité augmente en effet les risques et la gravité de certaines maladies : cancers de l'intestin, du sein , et autres cancers, lombalgies, risques anesthésistes, hypertension artérielle, diabète, excès de graisses dans le sang, apnée du sommeil, excès d'acide urique dans le sang, cholestérol. Cette liste n'est pas limitative et l'on découvre constamment des conséquences néfastes de l'obésité, notamment l'insuffisance rénale (23).


La longue liste des affections montre que c'est tout l'organisme qui potentiellement risque d'être affecté par la maladie (Figure 18) . Les différentes classes de l'IMC résultent de statistiques d'évaluation des stades de la maladie afin de répondre aux questions : qui sont les malades ? Comment leur maladie évolue t'elle ?


Ainsi l'obésité de grade I correspond à une obésité modérée, ou commune ; celle de grade II est considérée comme sévère . Quant à l'obésité de grade III, elle massive et morbide. Les personnels de santé prescrivent les traitements en fonction des stades et grades de la maladie.

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Figure 18-Compartiments corporels

La personne A n'a pas assez de réserve de graisse pour subvenir aux besoins de l'organisme. Seule B a une configuration équilibrée. Quant à la personne C, l'excès de masse adipeuse envahit l'ensemble du corps et écrase les fonctions vitales. Les différents compartiments communiquant entre eux, c'est tout l'organisme qui se trouve déséquilibré, c'est l'ensemble des réactions que l'on appelle « métabolisme » qui est affecté par la maladie.


Les recommandations pour lutter contre le surpoids et l'obésité insistent sur la nécessité d'une alimentation équilibrée et de la pratique d' activités physiques, ainsi que sur la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme. Les stress psychologiques sont aussi des causes possibles.
Cependant il faut remonter aux sources de ces situations  et les analyser  (24), (25) :


« L'accroissement de la disponibilité alimentaire au fil des décennies est en grande partie due aux produits alimentaires ultratransformés, qui sont très appétissants, relativements bon marché et largement publicisés. D'autres facteurs tels que l' accroissement de l'urbanisation, de la dépendance à l'égard des voitures et des activités sédentaires, ont également changé et contribuent aussi à l'épidémie mondiale de l'obésité.


Tous les acteurs de la société sont concernés par ces recommandations : l'agriculture, la distribution et la vente au détail des produits alimentaires, la santé, la protection civile et l'éducation, à tous les niveaux, pour obtenir un environnement et des systèmes alimentaires capables de réduire l'obésité . »

5 Prévention du diabète (et des maladies cardiovasculaires)

La figure 20 illustre la compléxité des phénomènes . Groupées dans des amas en forme d'ilôts, des cellules secrétant l' insuline et son antagoniste, le « glutagon » sont juxtaposées dans le même environnement (on les distingue par leurs colorations en vert pâle et rouge pâle). Les cellules à insuline tendent à faire baisser la concentration de glucose dans le sang (glycémie) en le condensant en glycogène stocké dans le foie et les muscles , tandis que celles à glutagon effectuent la transformation inverse. Selon la nature du signal qu'elles reçoivent de l'extérieur, à savoir la concentration en glucose dans le sang, ce sont les cellules rouges ou vertes qui travaillent en alternance.


Chez les personnes atteintes de diabète, ce mécanisme est déséquilibré, voire désorienté, et tout l'organisme en subit les complications (28)  

-microvasculaires (vaisseaux très fins) :

éclatement des vaisseaux capillaires de la rétine entraînant des troubles de la vision, éclatement des vaisseaux des reins, une des causes principales d'insuffisance rénale, atteinte de nerfs provoquant des douleurs aux extrémités des membres, ulcères du pied.

-macrovasculaires (gros vaisseaux) :

obstruction progressive des artères par des dépôts riches en cholestérol (Figure 22), pouvant provoquer un infractus cardiaque ou un accident vasculaire cérébral (AVC), artérite au niveau des extrémités avec risque de gangrène.

6 Prévention des maladies cardio-vasculaires

Le sang apporte à chaque cellule de l'organisme les substances nutritives dont elle a besoin, et il élimine les déchets qu'elle produit. Il irrigue l'organisme grâce à l'action du cœur, qui est animé de contractions suivies de décontractions.

Le sang reçoit des substances issues de la digestion des aliments, de l'oxygène prélevé dans l'air aspiré par les poumons, des hormones secrétées par de nombreux organes, parmi eux les reins, de la chaleur produite par le travail musculaire. Il distribue ces éléments dans le corps en fonction des besoins . Il collecte les déchets et les élimine par les poumons (gaz carbonique), le foie, les reins, ou la peau.

Ainsi il apparaît que tout dérèglement du fonctionnement des reins a des répercutions sur l'ensemble de l'organisme. Inversement tout dérèglement de la circulation sanguine perturbe le fonctionnement des reins et conduit à l'insuffisance rénale chronique ou aigüe.

Le sang s'éloigne du cœur dans des artères de plus en plus fines (Figure 21) . Parvenu au niveau des tissus dans les vaisseaux capillaires, le plasma et les globules sanguins échangent des substances avec le plasma dans lequel baigne les tissus des différents organes . Puis il revient au cœur par les veines. Au cours d'un çycle, le sang passe alternativement par la petite circulation qui traverse les poumons, et la grande circulation qui traverse tous les organes (sur la figure 21 on n'a représenté qu'un muscle).

Les vaisseaux sanguins sont constitués de cellules vivantes réparties en zones distinctes : au centre une couche de cellules de couverture (zone 1 sur la figure 22) doublée par plusieurs couches de cellules formant une paroi musculaire (zone 4) . Celle-ci est entourée par une paroi fibreuse (zone 5) qui donne de la résistance et de l'élasticité à l'artère. Son diamètre peut diminuer ou augmenter en fonction des signaux hormonaux qu'elle reçoit.

La figure 22 représente une artère malade, presqu' obstruée par un dépôt (zone 3) de matières graisseuses. Parmi celles-ci figure le cholestérol, appelé aussi «mauvais cholestérol »


Les vaisseaux sanguins ne sont pas des tubes inertes comme ceux qu'on utilise pour les canalisations de distribution d'eau. Ils sont constitués de cellules vivantes réparties en plusieurs couches . Les gros vaisseaux ont une paroi fibreuse qui leur confère de la résistance mécanique et de l'élasticité . Les capillaires en sont dépourvus, ils sont très fragiles.

L'athérosclérose, appelée autrefois «artériosclérose», doit son origine éthymologique à deux mots grecs, « atheroma» qui signifie «excroissance», et «scleros» qui veut dire «dur». Cette maladie est en effet le résultat de deux phénomènes qui sont le durcissement de la paroi des artères et l'obstruction plus ou moins prononcée de leur partie centrale intérieure, la «lumière» où le sang circule. Des molécules de mauvais cholestérol pénètrent insidieusement dans la paroi, y circulent pour se rassembler et former des amas en forme d'excroissances qui entravent la circulation sanguine.

L'athérosclérose est à l'origine de maladies cardiovasculaires fréquentes :

Organes concernés                          Maladies

Artères du cœur                Infarctus du myocarde, angine de poitrine

Membres inférieurs            Troubles circulatoires, gangrène

Cerveau                            Accident Vasculaire Cérébral (AVC), paralysie

Reins                                 Insuffisance rénale

Certaines maladies aggravent les risques d'athérosclérose : l'obésité, le diabète, l'hypertension artérielle, l'excès de corps gras dans le sang. Ces risques dépendent de plusieurs types de facteurs (29) :

-génétiques,

-comportementaux (tabagisme, sous-activité physique, mode d'alimentation),

-externes (environnement professionnel, relationnel, économique) .



7 Contexte socioculturel des MNT

La prévention des Maladies Non Transmissibles (MNT) concerne de nombreux acteurs de la société (Figure 23). Des efforts ont été entrepris dans la 2ème partie du XXème siècle pour mieux maîtriser la croissance de la population mondiale, lutter contre les maladies infectieuses et réduire la malnutrition . Des résultats tangibles ont été obtenus . On est actuellement dans une période de transition où de nouveaux problèmes de santé apparaissent. Les faits sont là : les Maladies Non Transmissibles (MNT), maladies chroniques, sont désormais la principale cause de mortalité dans le monde.

« Les statistiques sur les causes de mortalité aident les autorités sanitaires à déterminer l'orientation à donner à leurs actions de santé publique. Un pays où le nombre de décès par cardiopathies et diabète augmente rapidement en peu d'années aura fortement intérêt à lancer un programme énergique encourageant des modes de vie contribuant à la prévention de ces maladies. » (31)

L' ensemble des Maladies Non Transmissibles -cardiopathies, AVC, diabète- atteint 48,4 % des causes de décès dans le monde. Cette statistique a été établie dans des pays où les populations ont un revenu moyen, ce qui est la majorité des pays .

Dans les pays où le revenu est faible, ou très faible, la situation est différente. Les décès imputables aux MNT ne représentent que 21,8 % du total des décès:


Causes de décès           %

Voies respiratoires            18,9

Diarrhées                         12,7

Cardiopathies,AVC            21,8

Sida                                 10,6

Tuberculose                        7,8

Paludisme                          7,7

Prématurité                        7,3

Asphyxie à la naissance       6,9

Accidents de la route           6,3


En conclusion la prévention des maladies doit être en permanence adaptée au contexte social et économique des populations concernées.


Figure 23-Facteurs d'évolution des sociétés humaines
Figure 23-Facteurs d'évolution des sociétés humaines